 


 MimiHutin,
ses enfants Patrick et Valérie, Monique Garcia






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Histoires d'eaux
Le don à la population de Portman : Un long week
end, Georges Lebissonet, Pierre Gonzalez, Georges Alonso et moi partîmes
pour un lointain safari dans la région de Carthagène avec le break de
Georges N°1, le Zodiac de Pierre, la torpédo de Georges N°2, mon zodiac et
tout l'attirail de campement et de chasse, sans oublier une énorme
glacière. Nous arrivâmes à Portman dans la nuit, non sans quelque
péripétie routière qui avait failli tourner mal. En effet Georges N°2
était un fou du volant, (il en devait perdre malheureusement la vie
quelques années plus tard) et pendant la première moitié du parcours, il
ne me passa pas une olive et lorsque vint mon tour de prendre le relais,
après 2 crevaisons, émoustillé par les fanfaronnades de mon binôme, qui
voulait que l'on distançât nos compagnons, je fonçai dans la nuit pour
atterrir après un virage insolite, tel qu'il en existait sur les routes
d'Espagne à cette époque, après un vol plané, au beau milieu d'un "oued seco" et heureusement sans dommage et
nos braves compagnons purent nous hâler à nouveau sur le droit
chemin. Portman était une petite ville ouvrière, près de mines de
plomb, avec une grande misère. Le lendemain, nous nous mîmes à l'eau avec
la consigne de prospecter seulement ces lieux inconnus, afin de mieux
préparer la pêche professionnelle du lendemain,
porque le poisson n'aurait pas pu se conserver frais jusqu'au
lundi. Mais nos deux jeunes fous ne purent résister à la tentation de
tirer et tirer du poisson qui foisonnait en ces lieux et nous débarquâmes
sur la plage de galets l'après midi, avec plus de 100kg de poissons. Une
foule immense nous entoura, jeunes gens hagards et admiratifs. Pour nous
avoir épargner et permettre de continuer notre saga, Saint Christophe nous
conseilla fort mal de distribuer la manne aux pauvres bougres! Le lundi
matin, parut dans le journal local, à la Une : "Cuatro pescadores valientes franceses submarinos,
nacidos en Oran, pero entre quien tres del español de origen de nuestra
región, eran los benefactores de nuestra población por ofreciéndosese
generosamente 80 kilogramo de pescados, Que el Dios y el toro los
protegen! C'en fut ainsi, mais l'histoire ne vous dit pas que
le dimanche la mer se leva, empêchant la mise à l'eau de nos zodiacs et
que nous rejoinmes Marseille le lundi, "fanny
mais content et pas content", la glacière et les poches vides, avec
les railleries des chefs du Saint George et de Chez Michel, qui
attendaient notre produit pour améliorer, une fois n'est pas coutume,
l'ordinaire de leurs menus.
Les méros
de l' Estartit : Georges
N°1 et Pierre étaient les Champions d'Europe et Georges N° 2 et moi, les
jeunes, n'avaient de cesse de vouloir battre nos compagnons à chaque
partie de chasse et c'est ce que nous faisions régulièrement! sans que
cela les blessât, car nous étions rentables. C'est ainsi que je me
souviens de notre fantastique pêche aux Iles Mèdes en face de l'Estartit.
Les Champions se positionnèrent au Sud de la deuxième île, sur des
tombants réputés pour leurs méros, oui, mais très chassés par toute la
diaspora sub de la Méditerranée. Nous, les bleus, nous nous jetâmes,
n'importe oû, au Nord de la première île, dans un champ de posidonies.
Mais au milieu des algues, nous trouvâmes des pierres plates
poissonneuses, et je tirais d'emblée facilement deux meros de 13 et 8 kg,
puis ensuite je n'arrêtais pas de remplir ma bouée de daurades, sars,
loups et corbines et d'autres méros plus modestes, Georges N°2 ne fut pas
en reste, il fit aussi une très belle ceinture et nos champions, à leur
retour pour nous repêcher, furent très surpris de notre chasse. Ils
avaient fait une cueillette honnête sans plus. Nous nous interrogeâmes
sur ce phénomène: comment se faisait-il que le poisson avait déserté leur
habitat habituel pour se retrouver dans une zone apparemment peu propice
et nous en sommes venus à la conclusion que le poisson était doté d'une
intelligence et n'était pas plus con que nous. Les zones surpêchées, du
moins par les chasseurs, se vidaient du fait de l'intensité de l'activité,
non pas comme on le dit, habituellement et trop facilement par les
écologistes négatifs, par sa disparition pure et simple, mais plutôt à
notre avis, par son propre instinct de conservation. Plus tard
l'Estartit devint la plus grande réserve méditerranéenne et le poisson
retrouva paisiblement ses marques grâce à l'initiative de l'homme. Je
revins bien des années en tant que plongeur pour saluer mon ami de
maintenant et adversaire d'antan, mais avec une certaine réserve
cependant, c'est qu'à force de gaver et gâter ce poisson, il en devient un
animal domestique ou de cirque, ne réagissant plus comme les fiers méros
sauvages de nos chasses.
Les daurades
des Pierres de la Chèvre :
Il y avait la saison de la daurade et chacun avait son poste.
Un jour Georges Lebissonet et moi décidâmes de prospecter du côté des
pierres de la Chèvre, un sec de pierres plates entre Pormiou et l'île
Maire, une zone de passage de daurades lors de leur migration saisonnière.
Georges, qui avait repéré précédemment des méros du côté de Maire, me
laissa sur ces pierres, apparemment vides. Je commençais à sonder, une
action qui consistait à pratiquer des apnées à mi-eau pour repérer toute
activité animale aux abords des entrées et sorties des pierres plates sans
effrayer le poisson. Soudain, lors d'une remontée de 10 mètres j'entendis
un bruit sourd qui s'amplifiait, énorme. En même temps, venant de la même
direction un essaim innombrable de petites daurades paniquées arriva sur
moi et surpris par ma présence se réfugia, à qui mieux mieux, dans toutes
les pierres environnantes. J'étais en fin d'apnée à 6 mètres de la
surface, lorsque je vis la masse d'un cargo de plus de 60 mètres passer
au-dessus de ma tête. C'est long 60 mètres, il m'avait fallu une force
psychique exceptionnelle pour redescendre plus bas et résister à
l'asphyxie, enfin je pus remonter in extremis au bord de la syncope. Les
pierres de la Chèvre étaient aussi le passage de grosses barges se rendant
à la carrière de graviers de Pormiou et, bouée ou pas, elles tiennent leur
cap, imperturbables, la mer leur appartient! Reprenant mon souffle et
mes esprits, une pêche fantastique s'offrait à moi tout seul avec la
multitude qui grouillait en bas. A moi de procéder avec méthode pour ne
pas faire fuir le poisson et la tuerie se développa, apnée+tir+accroche
poisson, tel un métronome, 30, 40, 60 fois en moins de 3 heure, en prenant
soin de tirer les plus grosses environ de 500 à 700 grammes, ma bouée puis
mon accroche poisson de taille se saturèrent, je devais bien porter déjà
50kg soit près de 100 pièces. Georges arriva enfin avec le zodiac, il
était déjà 16 heures, et se mit à l'eau pour parachever le massacre. Nous
terminâmes la nuit avec plus de 80 kg de petites daurades pour le plus
grand régal des convives du Saint-Georges et nos poches pleines de
Napoléons!
Le mariage des Mérous d'Adra : Bien que je
n'y avais pas participé par suite d'une mission Comex, je vous dois de
vous raconter cet événement qui n'arrive qu'une fois dans la vie d'un
chasseur sous-marin. Mes copains firent un safari en Espagne, à Adra
près de Motril, toujours les mêmes, plus Dédé Parthenay qui me remplaçait.
J'espère un jour récupérer les photos d'une pêche de deux jours avec près
de 600 kg de méros par ces 4 lascars. Longeant la côte sablonneuse avec
les deux zodiacs, ils furent intrigués par le ballet aérien d'un vol de
mouettes, au-dessus d'un troupeau de dauphins, écumant un banc de sardines
au grand large. A leur approche, la mer bouillonnait et quelle ne fut leur
surprise d'apercevoir, entre deux eaux limpides, des mérous énormes
tournoyant. Ces mérous étaient rassemblés, par je ne sais quel mystère,
autour d'un gros champignon rocheux par -15mètres, un rocher oû il n'y
avait même pas un trou pour s'abriter. Ils se mirent à tirer
inlassablement en pleine eau des pièces de 8 à 18kg, et le lendemain, ils
remirent cela, avec moins de densité cependant. Ils sont revenus d'autres
fois sur cette zone, mais jamais plus ils ne rencontrèrent à nouveau ce
phénomène. J'eus l'occasion des années plus tard d'observer ce phénomène,
mais en Algérie.
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Mon copain, Serge Jariel de Montpellier, dont je fis la
connaissance à Oran dans les années 70, vient de me faire parvenir son
album photos souvenirs de ses chasses là-bas, j'en expose quelques unes,
en attendant qu'il veuille bien nous relater quelques fameux détails de
son aventure sub qui, à n'en pas douter, doit être aussi riche que la
mienne et j'espère que son fils Eric prendra aussi le clavier pour
raconter son grand bleu, lui qui fait partie de la troisième
génération.
Mariage de
mérous
 
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