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La fin
d'une époque
L'été 1963 à LLansa Donc en me
dégageant de mes obligations militaires, j'entrais de plein pied dans mes
nouvelles obligations, la fiancée et sa famille, mais je me permis une
autre escapade pour enterrer ma vie de garçon durant l'été 1963, d'autant
que ma fiancée était fâchée, déjà! et m'avait mis à la porte, du fait que
je lorgnais, d'après elle!!, du côté d'une PFAT que je connus en fin de
carrière militaire à Ain El Türk. Moi, j'allais à la pêche, c'est tout, de
seguro, besah! Les Ruis, qui étaient ma nouvelle famille, ayant loué à
Llansa, je partis naturellement en Costa Brava avec ma Montlhéry,
matricule 9G, (très important pour la suite de l'histoire), mais avec la
ferme intention d'écumer les poissons et les filles catalans, bien
qu'ayant depuis toujours un petit pincement de coeur pour Paula qui avait
d'autre chien à fouetter, en l'occurrence un patos, ainsi vont la vie et
le mélange des races! le Méro et
Bérénice Je ne pourrai jamais oublié les deux évènements qui ont
marqué ce premier été en pays catalan que je choisirai plus tard pour
essayer un ancrage en quittant mon pays! En effet, j'eus
l'outrecuidance de sortir un gros méro d'une zone qui s'avèrera par la
suite interdite parce qu'elle jouxtait, du grand large, la Résidence de
l'Alcade de Barcelone, quel crime avais-je commis! un crime de
lèse-majesté! Venant de mes terres sans contrainte, j'ai toujours
trouvé inconvenant de se bombarder pays de la liberté, ces pays patos oû
tout est interdit, oû l'on vous chasse, vous pourchasse, vous humilie,
vous insulte, vous font payer cher, vous jette en prison, n'est-ce pas
Michel? parce que, soit disant, vous contrevenez la loi, les lois, des
lois scélérates. Oui! je suis un rebelle, lorsque que, de ma fenêtre du
second étage, tel le gardien du phare, je remarque, chaque matin que Dieu
fasse et le Toro, un couple d'Aubergines, chasseurs de primes, mâle et/ou
femelle, paxtées ou liées, c'est kifkif, se délectant à dresser, à tour de
bras, des contraventions pour stationnement illicite, n'est pas celui
qu'on pense, dans une zone oû il n'y a pas matière, c'est du racket! A tel
point qu'excédé, un jour de l'an passé, quand j'avais encore ma Seat
immatriculée 31(ta Wahrân), ayant ma sauce, que je ne payais pas, tous les
jours, je descendis pour demander à l'Aubergine de service, toute rose et
bien grasse, qui se pourlèchait les babines, de m'en mettre un second car
j'avais fait un pari avec ma fille qu'un jour j'en aurais deux tellement
c'était bon pour elle, l'Aubergine et je ne veux jamais perdre un pari
avec ma fille, voyons! cela ne se fait pas entre parent et enfant. Je vous
assure qu'elle ne fut pas contente! ainsi va la patrie des droits de
l'homme! Mais vous ne remarquez pas cela tellement vous êtes contaminés,
il faut être un fraîchement immigré, par force, je précise, pour voir ces
incongruités; là est le coeur du problème de l'intégration, mais je me
refuse à faire de la politique! En Algérie nous fûmes, vers 1990,
interdits de chasse sous-marine, loi pondue par un fonctionnaire jaloux,
comme il y en a partout. Mais dans l'application, en fait, la loi ne me
fut jamais appliquée parce que les applicateurs de cette loi l'estimaient
injuste, ils étaient humains et fermaient doucement les yeux, moyennant un
petit bakchich, cela va de soi, bien sûr! Mais j'en reviens à mon méro
de Llansa, en plus de l'avoir braconné, j'avais voulu vendre ce poisson à
la criée, par dessus le marché, comme à Oran en somme. Je le vendis en
effet, mais je n'avais pas fait les cent pas qu'une meute de pêcheurs
indigènes me poursuivirent en vociférant, je dus mon salut à ma Monlhéry
garée toute proche en stationnement interdit. Le lendemain, au moment du
petitdéj, Alfred me montra le journal local, oû il était question de
"maricones franceses" qui volaient LE POISSON des pauvres pêcheurs,
équipés de chalutiers énormes avec des kilomètres de filets. Un avis de
recherche était lancé par la Guardia Civil, à qui pourrait signaler la
présence d'une SEAT, immatriculée 66! Ouf! Malgré leur très nombreux
ratissages dans le bois, je les voyais de mon balcon, ils ne me trouvèrent
pas et ainsi j'évitai le passage à la question. . Quelques jours plus
tard, nous nous baignions avec Petit Paul et Jean, lorsque nous assistâmes
à un accident affreux, une toute jeune fille se faisait charcuter une
jambe par un hors-bord imprudent et criminel, la malheureuse hurlait de
douleur et la mer était rouge de sang. Nous réagîmes aussitôt,
l'empoignâmes, la ligotâmes, la garrottâmes avec nos maillots et
serviettes et transportâmes jusqu'à la Monthléry pour l'emmener, à tombeau
ouvert, jusqu'à la clinique de Figueras. Son père était le grand
professeur et le patron de cette grande clinique et le beauf de l'Alcade.
Il la rastifola en cinq sets et, une semaine plus tard, elle demanda à
nous voir, Bérénice. Elle me fit mille remerciements et insista pour qu'à
la sortie de la clinique, nous lui tînmes compagnie, pendant sa
convalescence, à la piscine, le petit Bleu, de sa villa, la Villa de
l'Alcade de sinistre mémoire (La Guardia Civil en coure encore), et en
compagnie de sa magnifique cousine, n'est-ce pas, Paul? Mais je ne te
trahirai pas. Bérénice ne se priva pas de me faire les doux yeux, à moi,
le héros marinero roturier, au grand dam de son fiancé pédant et guindé
(que s'il pince la bouche, il ouvre autre chose), j'en fus gêné !
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