Kristel
: Kristel
représentait pour moi et mes amis un lieu d'escapades pour lequel tout
moyen et toute rapine étaient bons: les vélos, les mobylettes, les
scooters, les autos, l'abeille du père, la deuche de la grand mère, on a
reçu des raclées, on a eu des accidents, on a écrasé des lièvres, les
chacals n'hurlaient plus, on a lancé des avis de recherche, on a été porté
disparus, les gendarmes aux trousses, le garde champêtre en oubliait sa
fonction principale, les parents des contrées rivales se faisaient la
guerre, s'insultaient , nous insultaient, tout cela parce qu'il y avait à
Kristel-plage des sirènes: les soeurs Avérous, intouchables, vendetta! les
soeurs Lorca Maguie et Maryse, romantiques, avec Pierre , le petit frère
et complice, dont le père m'avait donné un coup de poing qui n'a pu
m'empêcher de fréquenter sa fille,( je pense au moment oû ma fille
m'amènera un garçon à la maison ...br!), les 3 soeurs Sanchez
opportunistes et agréables Alice, Paule et Jeannine. Mais nous avions fini
par investir la zone et quelles furent agréables les veillées sur la plage
au coin du feu! Nous les invitions souvent chez nous à La Mine oû il ne
restait plus que nous et pas de parents. Je me souviens de siestes
malignes dans la villa de ma grand'mère, seul avec toutes y compris la
bonne et avec le tout petit Marco qui commençait son apprentissage pendant
que Mathès avait fort à faire avec la Jeannine dans la villa de mes
parents à côté. Je frimais car j'avais la Mercedes de mon père. Là,
j'étais Eros, entouré de son Harem de Nymphes. Les Vaillants Chasseurs Sous-Marins du coin
furent fameux, principalement les frères Avérous, le premier d'abord
Pierre, de mon âge et condisciple du Lycée, sympa au possible et chaud,
très chaud, qui de rival passera ensuite comme un de mes premiers
coéquipiers, Jean Marc, le cadet de 6 ans, qui se révèlera par la
suite comme le meilleur d'Oran, grand, calme comme l'Olympe, mais il lui
fallait des chaouchs, n'est-ce pas Petit Paul? Je le comparerai volontiers
à Enzo, Jean Reno dans le film Georges, le dernier, trop jeune à cette
époque pour l'avoir connu! mais qui était le petit frère d'Enzo. Il y
en eu d'autres comme Jean Pierre Guy, Luc Colombert, le futur beauf de
Jean Marc... Je ne quitterai pas Kristel sans me souvenir du gros
Fodrit de l'Auberge du Rocher, oû les Snobs venaient déguster des daurades
succulentes, qui étaient en partie fournies par Dridder, l'homme au béret
et à la 203 camionnette, le sosie de Pierre Laffargue à 28 ans comme à 68
ans, que j'ai encore embrassé l'an dernier au Port d'Oran, et qui n'aimait
pas que je lui fasse concurrence, car à cette époque 58/60 je devenais
insensiblement chasseur professionnel pendant les vacances pour payer mes
études à Paris, la Guinguette de Canastel aussi m'achetait et Marc
Valentin me fit concurrence, c'est ainsi que je le connus. Je me
débrouillais tellement bien que c'est avec l'argent du poisson que je
m'achetai ma première voiture, une Simca 1100, la même que celle d'Enzo du
Grand Bleu, comme c'est curieux! et ma première barque, un palangrier
magnifique de 5 mètres fabriqué par le père des nageuses Polo de la GMO et
que j'avais baptisée "la Vache Marine" et avec laquelle j'avais fait des
grandes croisières au Cap Ferrat et à l'Ile Plane. A la fin de l'épopée
ainfraninienne, je l'émigrais sur la plage d'Ain El Turc puis à mon
expatriation en 1964 je la confiais à un adjudant de la Légion à Bou Sfer
qui la revendit, à son profit, ainsi que le fusil de chasse de mon père à
un Marocain, je la revis à mon retour en 1969 mais elle ne me reconnut
pas! Je ne sus jamais comment elle avait pu avoir de nouveaux papiers,
voir corruption!
|



|